Allemagne

Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 18:44

Hier je faisais mes longueurs tranquillement à la piscine.

Tranquillement, c’est un grand mot. En Allemagne où tout est si bien organisé, il y a en général des lignes d’eau selon la vitesse à laquelle on va, et il faut tenir sa droite à l’aller et au retour. Ca semble un peu militaire, mais ça marche.

Mais pas dans cette piscine habituellement bondée de retraités aux styles très amusants, surtout vu d’en dessous avec des lunettes de natation. D’ailleurs ça me distrait quand je trouve le temps long.

Hier donc, m’arrive dessus un type qui nage sur le dos, à 45 degrés par rapport à une certaine grille du fond que je prends pour repère vu que les traits noirs sont déjà bondés. Habituée aux papis et mamies lents et zigzagueurs, poliment je l’évite et je continue.

Là où ça se corse, c’est que quand je le croise de nouveau, sur le ventre cette fois, le type m’arrête et m’engueule parce que mon pied lui est soi-disant passé à 5 cm de la figure. Je suis tellement interloquée que j’en reste sans voix. Il m’enguirlande de plus belle en me disant que sa ligne à lui, c’est la 2 et que je dois lui laisser le passage. On repart, et le plus comique c’est qu’au retour il se ramène sur moi qui suis toujours ma grille, en diagonale entre la 2 et la 3. Cette fois c’est moi qui l’engueule. Facile en allemand, sans s’énerver beaucoup, ça fait tout de suite beaucoup d’effet ! Mais il n’en démord pas.

Il repart et là je m’aperçois qu’il nage sur le dos… les yeux fermés !!!

C’est comme ça ici.

Le plus souvent, par précaution on fait d’abord la morale à son voisin et on réfléchit après.

 

 

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : Expatrie(e)s
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 08:15

La crise actuelle amène un nombre croissant de personnes à remettre en cause notre modèle de société où l’argent est devenu une fin en soi. Car c’est bien ce qui, de fait, fait actuellement tourner - ou s’écrouler – bien des pays de la planète. Les banquiers, qu’on le veuille ou non, gouvernent le monde. Comment en est-on arrivé là, c’est une autre histoire…

Depuis quelques temps, on voit ici et là fleurir des tentes de protestataires à Wall Street ou à la City. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie d’aller manifester avec eux devant le siège de la Banque Centrale Européenne , et son horrible monument à l’Euro en plastique bleu et jaune, situés ici même.

Que réclament ces gens ? Quelque chose de tout bête finalement, mais une hérésie pour les traders affamés de la misère des autres : l’argent ne doit pas être une fin mais un moyen. La fin, c’est que chaque être humain puisse en exerçant un travail digne, nourrir, loger, soigner et éduquer ses enfants. 

J’étais en région parisienne récemment, un samedi matin très exactement, et je m’extasiais.

La mairie de l’endroit avait attendu ce jour-là pour envoyer ses jardiniers s’occuper des plates-bandes des îlots centraux de la grande avenue où je me trouvais. Samedi matin, histoire de minimiser la gêne des usagers j’imagine.

En Allemagne, à Francfort du moins, ce genre de chose est inimaginable. Les chantiers routiers et autoroutiers, dans l’immense majorité des cas, ne fonctionnent qu’aux heures de bureau. Conséquence : gêne maximale pour les usagers. Et le moindre chantier dure des mois. Les Allemands sont bien moins productifs que les Français nous dit-on régulièrement. CQFD.

Réflexion faite, et si, en permettant même aux ouvriers municipaux d’avoir des weekends et des soirées avec leur femme et leurs enfants, les Allemands avaient raison avant tout le monde ?

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : melting pot
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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 17:24

L’autre jour, atterrée une fois de plus par la présence d’un énorme chien couché aux pieds de son maître à l’intérieur de la brasserie du coin de la rue, je m’apprêtais à rédiger un billet sur le fait qu’on n’aurait jamais vu ça en France. Car je pensais naïvement que de l'autre côté du Rhin, c’était interdit.

Mue par le désir de corroborer mes propos, j’ai donc googlé je-ne-sais-quoi, et là, stupeur…

Les chiens dans les restaus, ça n’est pas interdit dans l’Hexagone ; c’est à l’appréciation du restaurateur, dit la loi.

Mais le pire était à venir.

Sur plusieurs forums, la teneur était en gros : au restau, les chiens sont souvent mieux élevés et plus sages que les enfants.

Aux gens qui comme les auteurs de ces messages, n’ont manifestement pas d’enfants mais prétendent tout savoir de la manière de les éduquer, j’aimerais d’abord qu’ils replongent dans leurs souvenirs : et eux, au restaurant quand ils avaient 2 ans, étaient-ils aussi sages que les chiens qu’ils y emmènent aujourd’hui ? Et quand ils auront 90 ans, c’est leur chien peut-être qui fera leurs courses ou leur donnera la becquée comme au bébé qu’ils seront redevenus ?

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 17:35

 

 

Cela se passe sur un lieu de promenade de Francfort, très fréquenté en ces jours de beau temps. La passerelle réservée aux piétons et aux cyclistes connaît l’affluence, d’autant que le trafic est ralenti par la présence d’une personne en fauteuil roulant. Le groupe à pied qui marche sagement à la queue-leu-leu et bien à droite (même les piétons doivent circuler à droite en Allemagne) se fait alors doubler par des cyclistes.

Se présente alors en sens inverse un super-cycliste que la présence de ses collègues doubleurs d’en face contraint à mettre pied à terre. Furieux, il eng… tout ce monde qui ose empiéter sur  sa liberté de faire du sport sans être ralenti par des facteurs humains extérieurs.

 

C’est le même raisonnement qui pousse régulièrement un camion de livraison ou un autre à bloquer toute la circulation dans les ruelles aux abords du lycée français à l’heure où tous les parents conduisent leurs enfants.

Le chauffeur est dans son droit : il travaille, tôt.

La liberté de dizaines d’élèves d’arriver en cours à l’heure, ainsi que celle de leurs parents d’arriver eux aussi à l’heure à leur travail, trouvent là leurs limites.

 

Ma liberté s’arrête où commence celle des autres.

Plus je vis avec eux et plus je suis convaincue que les Allemands le pensent dans l’autre sens : la liberté des autres s’arrête où commence la mienne.

 

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 13:34

Il y a un côté jugulaire-jugulaire, règlement-rouleau-compresseur-je-suis-dans-mon-bon-droit chez les Allemands qui conduit parfois à des situations cocasses, voire carrément comiques.

L’autre jour je courais le long de la levée sur les bords de la Nidda, qui se jette dans le Main au pied du très beau quartier médiéval de Höchst. Des cantonniers travaillaient et barraient tout le chemin de leur camionnette : d’un côté, un mur, de l’autre, la berge, très pentue. Je suis passée avec précaution côté rivière. Mais un monsieur qui arrivait lui à vélo, furieux de ne pouvoir passer et fort de son bon droit - car à Francfort le vélo est roi - s’est mis à invectiver les ouvriers, des pauvres gars venus des ex-pays de l’Est, tout aussi sûrs eux aussi de leur bon droit de travailleurs.

Et le cycliste de vociférer, d’empoigner son téléphone portable (pour appeler… la police ?... ou la télé ?... ou la mairie ?) et de se mettre juste devant le capot de la camionnette, histoire de lui interdire de bouger. Alors les cantonniers, eux aussi vociférant, se sont mis à klaxonner à ‘bout portant’ dans les oreilles du cycliste, histoire de lui faire libérer le passage !

Kafkaïen…

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : Expatrie(e)s
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Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 17:25

Qu’est ce qui différencie un chauffeur de transport en commun francfortois, d’un autre chauffeur de transport en commun, parisien celui-là ?

 

Réponse :

Le chauffeur de bus parisien, le dimanche, si vous êtes un poil en retard à l’arrêt, au feu suivant, il vous attend et vous ouvre sa porte pour que vous montiez – certes en bougonnant juste ce qu’il faut, histoire de vous faire sentir quelle emm… vous êtes.

Le chauffeur de tram francfortois, lui, dimanche ou pas dimanche, si c’est l’heure, c’est l’heure, et vous avez beau vous pointer avec pas plus d’un quart de seconde de retard devant la porte de son tram, il démarre sous votre nez sans état d’âme, vous abandonnant dans le blizzard avec vos mioches pour un quart d’heure supplémentaire !!!

(Devinette tirée de deux expériences personnelles récentes…)

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Allemagne - Communauté : Expatrie(e)s
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