Lettre à Monsieur B.

Publié le par Anne Delacharlerie

Cher Monsieur B.,

Je n’ai jamais su ce que vous étiez devenu, ni vous ni votre fille qui avait mon âge.

Pendant 5 ans, 3 fois par semaine je me suis assise dans votre classe au collège puis au lycée à Nouméa. Vous n’étiez pas un très bon professeur, soyons honnête. Dans votre classe, l’allemand ne paraissait pas franchement une langue vivante. La comparaison avec vos collègues d’anglais qui notamment supportaient toutes nos digressions d’adolescents insupportables, pourvu que nous les fassions à haute voix et dans la langue de Shakespeare, n’était pas à votre avantage.

Et aujourd’hui, 30 ans plus tard, quelle ironie, voilà que je dois vivre en allemand, que je reprends des cours d’allemand, et, ô stupeur, que je m’aperçois que malgré ma mauvaise volonté et votre talent limité, mon cerveau a absorbé les règles de grammaire les plus absconses, et les a retenues pour s’en resservir 30 ans après quasiment sans effort !

Par contre, en matière de vocabulaire, mon petit ordinateur personnel a fait un ‘reset’ presque complet.

Mystères du cerveau humain…

Aujourd’hui j’ai commencé la gym, en allemand. J’espère que j’apprendrai autant d’allemand à la gym à Francfort que j’ai appris d’espagnol à la gym à Buenos Aires.

Au plaisir d’avoir de vos nouvelles,

Anne D.

Publié dans Expatriation

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