Email : art et dangers

Publié le par Anne Delacharlerie

En matière de communication, il y a le message que l’on veut envoyer, le message intelligible oral ou écrit que notre cerveau parvient à formuler, et ensuite le message qui parvient au cerveau du destinataire, à travers les filtres de sa personnalité, du contexte, etc. Ces trois messages ne sont pas identiques.

A l’heure de rédiger un email, il faut donc s’efforcer à beaucoup de prudence. Surtout si l’on veut exprimer un reproche. Ma devise : toujours présumer que l’autre est de bonne foi, ne savait pas, ou ne l’a pas fait exprès. Car un email, c’est à la fois la spontanéité et l’immédiateté de l’oral et la permanence de l’écrit, avec leurs avantages et inconvénients respectifs. Dégâts garantis en cas mauvaise pioche, qu’il s’agisse du vocabulaire choisi ou encore de la présentation. Ah, ceux qui hurlent tout en majuscules…

Pourquoi cette e-philo à deux balles tout à coup ?

C’est que cette semaine j’ai reçu un email fort désagréable. Ma correspondante ne s’est, je pense, pas rendu compte de la portée de la formulation choisie. Certes le message était encadré par bonjour et bisous, elle a dû considérer que cela suffisait à adoucir le ton de son propos. (D’ailleurs avez-vous remarqué comme tout le monde fait des bisous par mail et par téléphone ? Moi, je fais des bisous aux Chérubins petits modèles, le reste de ma famille et de mes amis, je leur fais des bises, ou bien je les embrasse.)

Donc, pour en revenir à ma correspondante, ce qu’il y avait entre bonjour et bisous m’a fait l’effet d’une gifle. Je me suis vue soupçonnée à tort d’impolitesse délibérée, et qui plus est j’ai eu le sentiment qu’on me faisait un procès d’intention, et aussi la leçon, comme si j’avais encore douze ans. Le fameux filtre de ma personnalité…

Elle n’avait pas, elle, présumé que j’étais de bonne foi, que je ne savais pas, ou ne l’avais pas fait exprès.

 

Alors, à l’heure de rédiger un email, délicat ou non, mon truc à moi, c’est de mettre l’adresse du destinataire à la toute dernière minute juste avant de cliquer sur envoyer, histoire de prendre le temps de bien me relire, pour corriger les fautes d’orthographe… et les autres.

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