La Désenchantée et son mari en ont rêvé pendant des années, de quitter la Terre pour quelques temps pour s’expatrier sur Mars. Ils avaient envie de voir le monde, d’élargir leur horizon et celui de leurs enfants, d’apprendre et de parler couramment une langue étrangère.
Aussi, quand l’opportunité s’est présentée, ils ont plié leur vie terrienne en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, pour se précipiter sur Mars.
Mais à l’arrivée, une fois passée l’euphorie des premiers moments, le désenchantement domine. Leur erreur ? Avoir dédaigné tous les conseils de prudence.
Ainsi Gaston est toujours payé en dollars terriens sur un compte terrien. Ils ne seront donc jamais considérés comme résidents sur Mars. Conséquences :
Le coût de la vie sur Mars est réputé trois fois moins élevé que sur Terre, mais la Désenchantée ne savait pas que c’était pour les Martiens.
On rencontre parfois la Désenchantée dans un Morning Coffee du club terrien, c’est elle qui enquête minutieusement (mais un peu tard…) sur les clauses du contrat de votre-Gaston-à-vous.
On peut aussi faire sa connaissance dans une réunion de parents d’élèves de l’école terrienne. Furieuse que le directeur refuse d’organiser les-cours-de-Jupitérien-antique-obligatoires-sur-Terre-en-2ème-année à cause de l’horaire déjà surchargé par les cours de Martien, c’est elle qui vous agresse quand vous lui suggérez d’avoir recours aux cours par correspondance : « Mais c’est hors de prix ! Tout le monde n’a pas comme votre mari un salaire indécent ! »
Il ne reste plus à la Désenchantée qu’à tenter de faire contre mauvaise fortune bon cœur, si elle en a l’énergie, et à tenter de voir les quelques moins mauvais côtés de sa situation, en attendant la fin – s’il en a une… - du contrat de Gaston.
Note : les sites internet spécialisés regorgent d’informations sur la question, et les candidats à l’expatriation qui atterriraient sur cette page auraient intérêt à faire des recherches poussées avant de s’engager, eux et leur famille.
Lorsqu’on est bleu en la matière, on a certes des scrupules devant l’addition que représentent les différentes clauses du contrat. Cependant, les entreprises qui expatrient du personnel ne sont pas des sociétés de philanthropie : elles investissent, parce que ça leur rapportera… Les grandes entreprises ont le plus souvent des services spécialisés, des grilles de calcul, des clauses types suivant les pays, etc. Aux petites, il faut parfois tout apprendre, et notamment que s’expatrier n’est pas du tout, mais alors vraiment pas du tout, partir en vacances prolongées, même si la destination est Tahiti : je sais de quoi je parle, c’était notre premier contrat !