Moxos

Publié le par Anne Delacharlerie

 

Un concert dans la banlieue de Buenos Aires l’autre soir.

Les yeux fermés, on aurait pu se croire en première partie dans un monastère catholique européen, en seconde partie à la Renaissance dans une cour européenne, en troisième partie en pays celtique. Enfin, lors du traditionnel rappel de fin de concert, les jeunes musiciens sont redevenus « eux-mêmes », arborant de chatoyantes coiffes de plumes le temps d’une danse traditionnelle de la jungle bolivienne.

Le chœur et l’orchestre Saint Ignace de Moxos (http://escuelamusicasanignaciomoxos.org/) sont de passage sur les bords du Rio de la Plata ces jours-ci, une occasion de découvrir leurs traditions musicales et de toucher l’histoire du doigt. Les Moxos vivaient autrefois sous la protection des missionnaires jésuites, au sein de missions si puissantes que les régimes civils, se sentant menacés, ont alors interdit le continent aux disciples de Saint Ignace de Loyola. C’était dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Depuis on a fait payer aux Moxos et aux autres peuples indigènes leur « soumission » aux jésuites. Pourtant, dans la jungle bolivienne, la tradition musicale européenne et ignacienne s’est perpétuée tant bien que mal. Et aujourd’hui, elle vient à notre rencontre sous les traits de ces vingt jeunes musiciens surprenants.

Publié dans Journal

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