Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 18:49

Légende d’un dessin humoristique récemment paru dans un magazine d’information argentin :

- Interrogé par la presse, un chroniqueur étranger a affirmé que le grand problème de l’Argentine est la crise de ses institutions.

- Tiens donc ! J’aurais juré que le grand problème de l’Argentine était de passer notre temps à tenter de savoir ce que les autres pensent de nous.

 

Enfin quelqu’un qui pense comme moi.

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Argentine - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 18:35


Hier 9 novembre se clôturait la semaine de la Tradition dans le village de San Antonio de Areco, à une centaine de kilomètres de Buenos Aires. Gauchos, petits et grands, hommes et femmes, s'étaient donné rendez-vous pour un défilé de plusieurs centaines de chevaux.

Les Argentins faisaient la fête entre eux, et c'était cela le plus touchant : leur fierté.

 



Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Argentine - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 17:06

Le suspens durait depuis plusieurs jours.
La nouvelle occupe ce matin la majeure partie de la une de mon quotidien habituel : Diego Maradona est appelé comme entraîneur à la tête de la sélection de foot argentine.
Juste au moment où le gouvernement tente de faire avaler au Parlement et aux classes moyennes le hold-up à peine déguisé en nationalisation, des Kirchner mari et femme sur le pactole des fonds de pension privés.
Hasard du calendrier ?
Même pas un petit coup de fil discret de la Casa Rosada pour indiquer sa préférence pour l’idole médiatique parmi la poignée de candidats déclarés ? Histoire de détourner l’attention ?
Dans le journal comme à la télévision, l’analyse du regard porté de l’étranger sur cette nomination occupe une large part. Toujours ce complexe argentin fait de souci d’être pris au sérieux et de regret de la splendeur passée…
Mais la vénération jamais démentie de tout un pays pour l’idole retirée des stades jusqu’à hier en dit aussi très long sur les mentalités. Le fameux but marqué « de la main de Dieu » contre les Anglais en 1986 se traduit dans la vie quotidienne par une tolérance complice et quasi générale pour la transgression et la tricherie sous toutes leurs formes.

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Argentine - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 16:01

Un homme âgé de 46 ans est mort hier à sept heures du matin tout près de chez moi, sous les yeux de sa femme et de ses quatre enfants. Les cambrioleurs n’étaient pas satisfaits de la somme d’argent et de la quantité de bijoux qu’ils avaient obtenus. S’agissant du 4ème crime similaire en quelques mois, sans parler de multiples faits comparables n’ayant eux pas entraîné mort d’homme, l’état d’urgence va paraît-il être décrété aujourd’hui dans notre commune.

La Présidente du pays a annoncé hier la nationalisation au 1er janvier prochain des caisses privées de retraites par capitalisation. La Bourse de Buenos Aires a accueilli la nouvelle par un chute de près de 11%. Selon son habitude, Critstina Fernandez de Kirchner a soigneusement éludé la question de l’utilisation par le gouvernement du pactole et a ironisé sur l’intervention de l’Etat, approuvée lorsqu’il s’agit des gouvernements européens et américains dans les banques de leurs pays, mais décriée sur les bords du Rio de la Plata. L’Argentin moyen pense lui que les Kirchner récupèrent tout l’argent qu’ils peuvent partout où ils peuvent. 

Dans mon quartier ont fleuri ces dernières semaines les panneaux à louer sur les façades. J’y vois le désir pour les propriétaires argentins de s’assurer un revenu en dollars – car c’est en billets verts que se libellent les contrats - à l’heure où ils craignent un effondrement du peso. Car l’Argentine n’allait pas bien avant l’affolement des bourses mondiales, et elle ne va pas mieux aujourd’hui.

La nouvelle n’avait été annoncée qu’avec 10 jours d’avance, contre 2 seulement en décembre dernier, il y a du progrès ! La moitié Est du pays est passée dimanche dernier à l’heure d’été. Les provinces de la moitié Ouest se sont rebellées et ont refusé le dictat de la capitale. Les frontaliers vivent de véritables casse-tête, et l’Argentine devient ainsi, d’après le quotidien La Nación, le seul pays au monde vivant avec des horloges ayant autant d’avance sur l’heure solaire. Car il y a bien des années, un automne, l’Argentine n’avait pas repris son heure d’hiver.

En attendant, le printemps éclate, les rues de mon quartier redeviennent de frais tunnels de verdure, on déjeune de nouveau dans le jardin, et dès 9h du matin, je ne quitte plus mes lunettes de soleil.

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Argentine - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 22:27

 

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ?

« Alors là-bas, tu peux te faire aider à la maison ? »

Sur Terre employer une femme de ménage coûte très cher. C’est donc un luxe que l’on s’octroie avec parcimonie. Mais sur Vénus, Jupiter ou encore Mars, cela devient très abordable pour les porte-monnaie terriens. Les candidates se pressent au portillon, et la vague culpabilité que l’on peut éprouver à se faire servir finit par s’estomper : en offrant une rémunération et des conditions de travail décentes à une seule personne, c’est tout son groupe familial qui y gagne, se console-t-on.

Alors on en profite pour déléguer à la perle dévouée tout ce qu’on n’aime pas faire.

 

Jusqu'à mon arrivée sur Mars, j’avais la réputation d’une « good madam » comme disait la nounou vénusienne de mes enfants. Elle a passé plusieurs années avec nous et au fil du temps, moyennant quelques leçons de cuisine terrienne, elle était devenue mon double sur le plan domestique. Tout le monde s’y retrouvait, elle, et nous. Et quand nous sommes partis, labellisée cordon bleu et super nounou, elle s’est recasée sans problème.

Je souhaitais donc renouveler l’expérience sur Mars.

Emportée par mon bon cœur, sous prétexte qu’elle était mère célibataire, j’ai dû pendant les six premiers mois supporter une souillon cyclonique, qui en leur absence, parvenait à faire plus de bruit dans la maison que tous mes enfants réunis. Véritable moulin à paroles, son discours à mon égard se résumait à une liste de courses : il faut que tu m’achètes du café en poudre pour mon petit-déjeuner quand j’arrive, des bottes pour quand je lave dehors, cette marque de détergent parce qu’il n’y a pas besoin de frotter (?!), etc. Je me sentais « una muy mala señora. » J’ai fini par craquer le jour où elle s’est plainte du menu de son déjeuner, le même que j’allais servir le soir même à ma tribu. Elle a pris la porte, sans comprendre pourquoi j’étais à cran.

Soulagement de Gaston que mon principal sujet de conversation de chaque soirée ne soit plus le dernier exploit de l’Anti-perle.

Depuis un an, je croyais avoir trouvé la Perle, la vraie. Tout allait pour le mieux : discrète, efficace, assidue, ponctuelle, etc.

Jusqu’à aujourd’hui : la Perle ne veut plus nettoyer la fusée familiale chaque semaine. Motif : cela la fatigue. Plus que de brosser la terrasse à grande eau ou de faire les vitres ?

Glapissements outrés des quelques Martiens interrogés : la fusée familiale, c’est hors de ses attributions domestiques (domestique : qui est relatif à la maison, au foyer, au ménage.)

Coup de téléphone à l’Inspection du Travail : mêmes glapissements outrés. Apparemment en débarquant de Vénus, la « good madam » s’est métamorphosée en affreuse esclavagiste.

Coup de téléphone au Syndicat des Perles : si, elle peut laver la fusée, mais il faut la payer en plus, et plus cher qu’au garage du quartier (qui le fait mieux).


Je suis déçue. Je la croyais plus intelligente que ça.

Car les lois martiennes disent aussi qu’elle devrait travailler plus et gagner moins, à mes heures et non à celles de la nounou de son fils, et que rien ne m’obligeait à lui avancer de l’argent pour lui permettre de faire opérer sa sœur.

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Expatriation
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 17:55

 

 « J’ai un ami. Il est d’origine chinoise et cambodgienne. (…) Il est de religion bouddhiste. (…) Dans le bouddhisme, me dit-il, on est sensible à la compassion mais à la compassion vis-à-vis des siens en difficulté ; les autres, c’est leur problème.

(…) l’action des ONG se déploie partout dans le monde, (…) les plus nombreuses viennent des pays de tradition chrétienne (…) »

L’aventure du christianisme par Jean de Montalembert (cerf) – pages 240 à 242.

 

Enfin quelqu’un de sérieux qui pense comme moi ! Ayant passé dix ans de ma vie en Asie, j’ai souvent relevé l’incrédulité des mes interlocuteurs restés en terre de culture occidentale devant mon expérience du bouddhisme. Le bouddhisme tel que je l’ai vu vivre par le Birman et le Thaï moyens, c’est surtout « chacun sa m… ! »

Après quelques mois passés à Rangoun entre église, mosquée et temple bouddhiste, j’avais surtout conclu que le bouddhisme était de loin le plus bruyant. Toutes les nuits, des haut-parleurs diffusaient aux riverains les mélopées des moines. D’après les Birmans que j’avais questionnés, le but des moines était de faire acquérir des mérites à leurs voisins en les empêchant de dormir !

Par Anne Delacharlerie - Publié dans : Asie - Communauté : melting pot
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