Syndrome.de.Stockholm@MeToo (fin)

Publié le par Anne Delacharlerie

Passons enfin à la question de la maternité. 

Par construction – si j’ose dire – nous sommes des « femelles » mammifères, que l’on soit institutrice, caissière, gendarme, pilote de ligne ou conductrice d’engin de chantier. Nos corps sont faits et équipés pour concevoir, porter, mettre au monde et nourrir les petits de notre espèce. Je pense que s’accomplir en tant que femme, passe aussi par la maternité.  (Si on a le désir et la possibilité d'être mère en tout cas, mais on touche là à d’autres problèmes.) Et depuis la nuit des temps, ces merveilleuses machines à bébé que sont nos corps ont fait leurs preuves : sinon comment notre espèce se serait-elle perpétuée ?

Pourtant, quelle terre d’oppression des femmes (et des enfants) par les hommes que la maternité depuis l’après-guerre ! Que d’injonctions sur les femmes à soi-disant se libérer ! 

Pour être plus disponibles au service des hommes ? Des hommes jaloux de leurs propres enfants et de l’attention que nous leur portons ? Peu désireux de partager le corps des femmes dont ils se considèrent seuls propriétaires légitimes et dont ils veulent pouvoir disposer à leur guise ? 
Excessif me direz-vous, mais réfléchissons-y à deux fois… 

Qu’il s’agisse de nourrir les bébés au biberon plutôt qu’au sein, de les laisser pleurer dans leur berceau plutôt que de les porter et de les bercer, de leur faire faire des nuits complètes seuls dans leur chambre, ou encore d’injonctions (dans les magazines féminins !) à retrouver sa ligne de jeune fille ou bien à reprendre le travail rapidement « pour les besoins du service », voire, même si c’est rare en France, à accoucher sur rendez-vous, éventuellement par césarienne , je n’y vois que des exigences allant à l’encontre de l’intérêt profond des femmes (et des enfants toujours). 

Et le pire, c’est que les femmes s’y plient ! Elles ont totalement intégré ces injonctions initialement masculines. Y compris de très médiatiques porte-étendards qui, à peine sorties de la salle d’accouchement, reprennent le boulot le plus vite possible et se montrent par exemple pimpantes et fraîches, ou en tout cas habilement maquillées et habillées, sur les plateaux de télévision comme Léa Salamé lors des dernières élections présidentielles en France. Elles font un mal fou à toutes les autres femmes en se faisant complices (objectives ?) de l’oppression des femmes dans leur rôle de mère, oppression déguisée en vraie-fausse libération. La mystification est totale !

Le véritable féminisme, osons-le, c’est de permettre aux femmes enceintes et aux mères de vivre leur maternité dans toutes ses dimensions, et d’adapter la société en général, et le monde du travail en particulier, à elles, et non l’inverse. 

Cependant on entend par exemple des jeunes femmes se dire écœurées à l’idée de nourrir leur bébé au sein, les mêmes précisément dont les compagnons assument courses, lessives, et visites chez le pédiatre à égalité avec elles pour leur permettre de mener leur carrière professionnelle… A moins que ce ne soit une manière de priver les femmes de la faculté de nourrir leurs enfants, et de tenter de diminuer la force du lien de chair qui unit chaque femme à l'enfant qu'elle a porté 9 mois.
 

Autistiquement vôtre,

Aspie Rine

By Bonbon from Brooklyn - beautiful belly, CC BY 2.0By Bonbon from Brooklyn - beautiful belly, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=92013535

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