A vos amours ! (suite)

Publié le par Anne Delacharlerie

J'ai écouté les 5 épisodes de cette série sur France Culture. Très utile dans notre monde où on se sépare si facilement, de faire implicitement passer le message que pour durer en couple, la passion initiale ne suffit pas, et qu'il y a des médecins pour le soigner.

Cependant, je trouve quelques faiblesses à ces reportages. 

Le premier reproche, c'est qu'on entend toujours LE psychiatre s'adresser aux couples et jamais LA psychologue.

Le second reproche, c'est le choix des situations. Je ne comprends pas ce que vient faire cette famille en pleine crise - parents divorcés depuis 10 ans et ado révoltée - dans une série sur les couples qui vont mal. J'aurais plutôt aimé qu'on nous parle d'un autre couple, d'une autre situation représentative.

Le troisième reproche, qui s'adresse putôt aux thérapeutes, c'est que personne ne fait jamais remarquer à ces conjoints qu'ils ne se décentrent pas. Ils ne parlent que de ce que l'autre leur "doit" selon eux, ce qu'il fait bien ou mal. Ils sont dans une logique comptable de revendication individuelle. Jamais un mot ou une question sur ce qu'eux-mêmes pourraient faire de "mieux" pour l'autre. Aucun ne semble désireux de connaître pour satisfaire - au moins en partie - les attentes et les besoins du conjoint. Tant que ce décentrement ne s'opèrera pas, à mon avis, c'est peine perdue. Le dialogue de sourds continuera. Ces conjoints ne savent pas s'écouter et se parler. Et les thérapeutes ne semblent pas y attacher d'importance.

Je voudrais proposer un autre sujet d'émission à Delphine Saltel, qui a fait ce reportage : approfondir la thématique et faire pour cela une session de couples avec son conjoint. Il y a en a de nombreuses, sous forme de soirées, de weekend, ou pendant les vacances d'été ; des cathos, et d'autres pas, ou bien organisées par des cathos pour des personnes de toutes confessions ou athées, quelle que soit la situation du couple. Pas besoin d'être au bord du divorce pour prendre soin de son amour. Au contraire, un grand ménage de printemps à titre préventif, ça fait le plus grand bien ! Je, ou plutôt nous - Gaston et moi... - pouvons en témoigner.

La première chose qu'on apprend au cours de ces sessions, c'est à écouter (vraiment !) son conjoint, et à lui parler de manière ajustée, à la première personne, sans "tu" qui "tue", en partant des faits objectifs pour ensuite dire ce qu'on ressent. Effet bénéfique garanti !

Autistiquement vôtre,

Aspie Rine

 

PS : D'ailleurs la meilleure habileté qu'on puisse enseigner à ses enfants, c'est cette communication émotionnelle et non agressive. Très utile également pour réussir à dire les choses à ses ados sans déclencher de guerre nucléaire !

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