Don Quichotte et le Mammouth (2)

Publié le par Anne Delacharlerie

 

Pendant les huit ans que nous avons vécu en Thaïlande, ma tribu a fréquenté trois écoles internationales britanniques différentes, de la maternelle au collège, alors oui, j’ai parfois la dent dure pour le système français.
J’ai la dent dure pour ces compte-rendu de conseils de classes envoyés aux parents par leurs délégués et qu’on croirait rédigés par le porte-parole du parti communiste chinois tellement ils sont vides, sauf pour accuser les élèves de bavardages. On prend même le soin de nous préciser que la personne qui présidait et représentait le proviseur, a relu le compte-rendu rédigé par les représentants des parents avant qu’ils ne nous le transmettent. Histoire de vérifier que les discussions sur le retard pris dans telle matière ou l’absentéisme chronique de tel enseignant n’y sont pas mentionnées ? 
J’ai la dent dure pour ce qui rend ces élèves totalement tétanisés à l’idée de se tromper, au point que même en tête-à-tête avec une répétitrice bienveillante (moi…)⁽¹⁾, ils préfèrent ne rien répondre et attendre que je leur donne le résultat, plutôt que de tenter de proposer une solution à  leur problème de maths.
J’ai la dent dure pour ces sujets de maths du bac (ES surtout) où il n’est pas rare que les élèves aient à répondre à des questions du même niveau que celle concernant la couleur du cheval blanc d’Henri IV. D’un côté on fait cadeau de points en maths avec des questions tellement idiotes que les élèves cherchent frénétiquement un piège, de l’autre on saque en français… Il faudrait savoir !

Ecole de la confiance, dit M. le Ministre… Y’a du boulot !

Récemment un journal en ligne pour les expatriés se félicitait des excellents résultats des lycées français à l’étranger. Comprendre : le taux de réussite et de mentions au bac. Le contraire serait scandaleux, vu les milieux socio-économiques dans lesquels ils recrutent : ultra-majoritairement des enfants de cadres francophones et francophiles, expatriés ou locaux. 
Moi, ça m’intéresserait de savoir comment les lycées français à l’étranger se situeraient dans ce classement-là. A voir dans le nôtre, ne soit-ce que le manque d’enthousiasme pour organiser régulièrement des devoirs surveillés longs pour les lycéens, je ne parierais pas sur un bon score.

 

PS : J’ai malgré tout la certitude que l’immense majorité des enseignants font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent, et bien souvent des programmes surchargés et pas toujours marqués par le bon sens. Je sais aussi le manque de reconnaissance dont ils souffrent en termes de salaires, ce qui inévitablement influe sur leur motivation.

 

(1) Je me définis comme répétitrice en maths et non comme prof de maths, qui n’est pas mon métier. 
 

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Publié dans Expatriation, Famille

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