Eternels mal-aimés

Publié le par Anne Delacharlerie

Nous en connaissons tous, dans nos familles, parmi nos amis... : des proches qui se compliquent la vie (et la nôtre par la même occasion) et qui, le plus souvent inconsciemment, testent notre affection.

Pour mieux s'en assurer ?

Prenons celui qui est totalement débordé par son travail. Il a des horaires de fou, et a accumulé tant de jours de congé qu'il pourrait partir faire le tour du monde pendant plusieurs mois en touchant tout son salaire.

D'abord, on n'ose imaginer les conséquences pour son entreprise et son inconscient(e) de DRH, s'il arrivait à notre proche un accident de travail ou de trajet, ou un gros pépin de santé... Et pour peu que des clients aient à subir des dommages, ce serait pire encore. A se demander à quoi servent l'inspection et la médecine du travail !

Si vous voulez passer un moment avec lui, il commence (ou bien sa compagne) par vous dire que ce sera impossible tellement il est débordé et fatigué. Et puis on vous dit que si, finalement, ce sera possible, mais on vous prévient à la dernière minute et/ou on vous propose un lieu ou un moment (ou les deux !) que vous avez toutes les chances de refuser tellement ça n'est pas pratique pour vous. Par exemple un dîner chez vous alors que vous avez annoncé que vous preniez la route des vacances avec toute votre petite tribu aux aurores le lendemain.

Ce genre de situation ayant tendance à se répéter avec quelques variantes au fil des années, forcément on se met à poser un autre regard sur le surmenage chronique de ce proche. Et qu'y lit-on ? Qu'être débordé, fatigué, surmené, le dire et le montrer par toutes sortes de moyens à son entourage, doit lui procurer une forme de satisfaction inconsciente, sinon, il y a longtemps qu'il aurait mis fin à cette situation d'une manière ou d'une autre. Et aussi que notre frère/cousin/ami cherche à nous "dire" quelque chose de lui-même en adoptant cette posture. Reste le pourquoi. On cherche à nous culpabiliser ? Ou bien encore à susciter notre admiration ? Je ne suis pas psy, et je ne vais pas me lancer dans des interprétations à deux balles. La réponse est sans doute, justement, dans un cabinet de psy... Pour notre proche en tout cas !

Mais nous alors, comment nous positionner ? On ne peut malheureusement pas faire le bonheur de nos proches à leur place, c'est bien connu. Mais rien ne nous oblige non plus à accepter ce qui n'est ni plus ni moins qu'une forme de manipulation affective. Alors le dîner chez nous la veille du départ en vacances, on peut le refuser. Poliment, et même affectueusement. Et sans pratiquer nous-même de chantage affectif en retour, ce qui est peut-être le plus difficile.

Je ne résiste pas à l'envie de citer un second exemple : cette proche qui refuse que l'on fête son anniversaire et qui nous interdit de lui faire le moindre cadeau. Je ne sais pas vous, mais ce que moi je comprends, c'est : je vous interdis de me prouver votre affection pour moi. Comme si s'imaginer mal-aimée revêtait pour elle une forme de confort... Là aussi, la réponse est à aller chercher chez le psy !

Publié dans Famille, Journal

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