Don Quichotte et le Mammouth

Publié le par Anne Delacharlerie

 

Vous reprendrez bien une petite dose de don-quichottisme

J’ai besoin de pousser un GROS coup de gu… !

En juin dernier, l’un de mes enfants s’est planté à l’écrit de l’épreuve anticipée de français du bac. Une vraie grosse mauvaise note, du genre qui va peser dans le décompte des points à l’examen final. 
Jusque-là rien d’exceptionnel. 
Ça arrive, malheureusement.
Ironiquement, il était beaucoup plus pessimiste en sortant de l’oral. Il faut dire qu’il était tombé sur une charmante examinatrice, qui n’avait pas daigné lever le nez – même quand elle posait des questions - de son écran d’ordinateur. Ordinateur sur le clavier duquel elle a frénétiquement pianoté tout le long de l’interrogation. Mais elle lui a mis une note correspondant à ses dons littéraires : moyen-plus, dirons-nous. 
Comme la note à l’écrit était donc, elle, très en-dessous des performances de l’année de notre fiston, nous avons tenté d’avoir des explications. 
Et c’est là l’objet de mon coup de gu… : le courriel de l’enseignant. 
A lire ce monsieur, qui a relu la copie (nous n’avons pas voulu le faire, nous) notre fils est responsable à 200% de cet échec. Il n’y a pas l’ombre d’un doute dans son message. Pas le début de la moindre remise en cause de son propre travail de l’année, pas l’ombre d’un discret sentiment d’échec personnel. Qu’un gamin qui se montre dans l’ensemble soucieux de son avenir et désireux de bien faire, et qui est doté par ailleurs de qualités intellectuelles certaines ainsi qu’en témoignent ses notes dans d’autres matières, se plante à ce point après un an dans sa classe, ne provoque chez lui pas la moindre remise en question, ni le moindre regret.
Le pompon, c’est un commentaire sur l’orthographe de notre rejeton. Elle est mauvaise, je ne dirai pas le contraire. Sachant qu’il est arrivé dans cet établissement (français) en milieu d’école primaire, s’il a une mauvaise orthographe, c’est un peu la faute de tous les enseignants dont il a fréquenté les classes, et au système en général, non ? 
Je ne peux m’empêcher de repenser à la méthode de pointe utilisée pour l’apprentissage de l’orthographe par la première institutrice à qui il a eu affaire dans cet établissement : elle avait trouvé astucieux de prendre son (mauvais) travail en exemple et de le mettre sur le rétroprojecteur, faisant de notre fils la risée de toute la classe, et pour longtemps⁽¹⁾. Aucun égard pour son parcours jusque-là, pour notre arrivée récente, ni pour le fait qu’à même pas dix ans il en était à son deuxième déménagement intercontinental et entamait l’apprentissage d’une cinquième langue⁽²⁾… Une pédagogue hors pair, à l’avant-garde en matière de sciences cognitives, vous dis-je. Un exemple de l’égalité des chances à la française ? Apprendre à tous la même chose en même temps, et tant pis pour les déchets ? 

 

(1) Ça m’étonne toujours que, lorsqu’on parle de harcèlement scolaire, on n’évoque jamais la possibilité que les enseignants eux-mêmes soient parfois harceleurs.
(2)  Un aperçu des joies du multilinguisme précoce


 

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Publié dans Famille, Expatriation

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