Souci du détail

Publié le par Anne Delacharlerie

D'une manière générale, je vis très bien avec "mon" syndrome d'Asperger. J'y vois même un certain nombre d'avantages. Pourtant, si je pouvais changer une seule chose, ce serait cette maladie du détail, cet automatisme qui aimante immanquablement et de manière quasi obsessionnelle mon attention vers le minuscule détail que personne d'autre ne remarque et qui cloche dans un ensemble.

Quand c'est une faute d'orthographe ou de frappe, ou encore une mise en forme non uniforme dans un document, par exemple, c'est un avantage. Les rapports de stage et autres mémoires des Chérubins étudiants s'en sont toujours très bien portés. Il y a même des entreprises qui exploitent cette particularité et qui embauchent spécifiquement des aspies pour contrôler des lignes de programmes informatiques.

Mais quand cette gêne véritable et incontrôlable que j'éprouve me fait tiquer quand il ne faudrait pas, à chaque mini-raté d'un gamin en plein spectacle de l'école terrienne par exemple, là, je préfèrerais n'avoir rien remarqué. Parce que pour couronner le tout, en bonne aspie, je suis bien sûr d'une honnêteté totale quand on me demande ensuite mon avis sur les prestations des artistes en herbe ! 

Mais depuis le diagnostic, au moins je suis consciente des mécanismes en jeu. Et, ô victoire, plutôt que de me porter (encore une fois) tort par mes réflexions déplacées, il n'y a pas si longtemps, j'ai carrément zappé un concours auquel participait pourtant Petite Soeur. Car l'année précédente le palmarès m'avait semblé plus politique qu'équitable, et je n'avais pas manqué de le faire remarquer autour de moi, presque malgré moi.

(Cela n'a rien à voir, mais cerise sur le gâteau, cette année le travail de ma Chérubine a été reconnu à sa juste valeur puisqu'elle a... gagné !)

Souci du détail
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